Soufisme, Tassawuf (1)

Dimanche 28 octobre 2012, , 315 visites

L’imam Malik a dit : "Celui qui étudie la jurisprudence (tafaqaha) et n’étudie pas le soufisme (tasawwuf) est un pervers (fasiq) ; et celui qui étudie le soufisme et n’étudie pas la jurisprudence est un hérétique (zindiq) ; celui qui allie les deux, atteint la vérité".

Source : Rapporté par Ahmad Zarruq, ’Ali ibn Ahmad al-’Adawi dans le tome 2 de ses oeuvres, al-Hafiz ’Ali al-Qari al-Harawi et d’autres.

"En vérité, celui qui a purifié son cœur a réussi tandis que celui qui l’a détérioré a perdu"

Beaucoup de gens ont mal compris ce qu’est le Tassawwuf. Beaucoup pensent que c’est quelque chose à part du Qour’an et de la Sunnah. Les Soufis dévoyés, ainsi que les Savants (Ulama) superficiels, même s’ils sont chacun à une extrémité opposée du spectre, sont tous deux responsables du maintient de cette notion erronée.

C’est ainsi que le premier groupe s’est éloigné du Qour’an et des Hadiths tandis que le deuxième groupe s’est éloigné du Tasawwuf. En fait, bien que le terme Tasawwuf, à l’instar de nombreux autres termes religieux utilisés aujourd’hui, se soit développé plus tard, la discipline fait partie intégrante de la Shari’ah. Le domaine de la Shari’ah relatif aux actes extérieurs comme la Prière (Salat) et l’Aumône (Zakat) est appelé Fiqh, de même que celui qui traite des sentiments intérieurs et des états du cœur est appelé Tasawwuf. Les deux sont prescrits dans le Qour’an. Ainsi, alors qu’il prescrit la Salat et la Zakat, le Qour’an prescrit aussi la gratitude et l’amour d’Allâh et condamne le mal causé par l’orgueil et la vanité. De même que dans les livres de Hadith il y a les chapitres relatifs à l’adoration (Ibadat), aux transactions, au commerce, au mariage et au divorce, se trouvent les chapitres sur ar-Riya ’(l’ostentation), at-Takabbur (l’orgueil), al-Akhlaq (les vertus), etc. Ces prescriptions sont tout autant une exigence obligatoire que celles ayant trait aux actes [ndt : devoirs religieux] extérieurs.

Après réflexion, on se rend compte que tous les actes extérieurs sont destinés à réformer le cœur. C’est la base de la réussite vers l’au-delà alors que sa détérioration est la cause d’une totale destruction. C’est précisément ce qui est techniquement connu comme étant le Tasawwuf. Ceci [ndt : le Tasawwuf], met l’accent sur la Réforme des Caractères (Tahzeebe Akhlaq) ; son objectif est d’atteindre la Satisfaction Divine ; sa méthode consiste en l’obéissance totale aux prescriptions de la Shari’ah.

L’idée essentielle du Tahzeebe Akhlaq est d’amener nos facultés naturelles à un état d’équilibre. Les trois facultés de base sont la colère, le désir et l’intelligence.

La Colère : en équilibre elle se traduit par la bravoure, la tolérance, la ténacité, la capacité à contenir la colère, et la dignité. L’excès (de colère) donnera lieu à l’imprudence, la vantardise, l’orgueil, l’incapacité à contenir la colère, et la vanité. Une carence se traduira par la lâcheté, la disgrâce et des sentiments d’infériorité.

Les Désirs : l’équilibre se traduit ici par la chasteté, la générosité, Haya (la décence), la patience et le contentement. Son excès mène à la cupidité et à la luxure. L’autre extrême se traduit par l’étroitesse d’esprit, l’impotence, etc.

L’Intelligence : en équilibre elle rend l’homme sage, vif d’esprit, et fort perspicace. Son excès peut induire une personne en erreur, l’inciter à la fraude et l’imposture. Le manque d’intelligence se traduit par l’ignorance et la stupidité, avec comme conséquence qu’une telle personne se trompe facilement.

Une personne sera considérée comme ayant un caractère agréable à partir du moment ou ces facultés seront en état d’équilibre. La beauté intérieure varie selon les gens, tout comme la beauté extérieure. La personne qui possède la plus belle Conduite (Seerah) était le Prophète Muhammad. La beauté de notre Seerah dépend de la proximité d’avec la sienne.

Voir en ligne : Sunnisme.com