Quand le Tawhid émerveillait les Lumières et hauts personnages de l’Occident

Samedi 28 octobre 2017, par Sarrazins, 67 visites

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Si l’on sait que la plupart des philosophes et hauts personnages de la période des Lumières furent très critiques à l’égard du Christianisme et ses Eglises, l’on a tendance à généralement penser que ce fut surtout à cause des excès de ces dernières et de son « fanatisme ». Si ce n’est pas totalement faux, l’on sait moins qu’ils avaient tout autant tendance à critiquer les pontes de l’Eglise pour l’idolâtrie dont ils se rendaient coupables. En ce sens, et pour ceux ayant un temps soit peu étudié l’islam en cette époque, il est ainsi intéressant de lire dans leurs écrits une toute logique forme de révérence à l’encontre de l’unitarisme islamique. Voyez par vous mêmes : Alphonse de Lamartine, (1790-1869) : « Jamais homme ne se proposa (…) un but plus sublime (…) : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu ; restaurer l’idée rationnelle et sainte de la Divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie. » (1) « Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images (…) voilà Mahomet ! A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ? (…) Il a fondé une nationalité spirituelle (…), la haine des faux dieux, et la passion du Dieu un et immatériel. (…) L’idée de l’unité de Dieu, proclamée dans la lassitude des théogonies fabuleuses, avait en elle-même une telle vertu, qu’en faisant explosion sur ses lèvres elle incendia tous les vieux temples des idoles et alluma de ses lueurs un tiers du monde. (2) Napoléon Bonaparte, (1769-1821) : « (…) En peu d’années, ses Moslems conquirent la moitié du monde. Ils arrachèrent plus d’âmes aux faux dieux, culbutèrent plus d’idoles, renversèrent plus de temples païens en quinze années, que les sectateurs de Moïse et de Jésus-Christ ne l’ont fait en quinze siècles. Mahomet était un grand homme (…) » (3) Puis (…) apparut (…) “Mohamed”. Et cet homme a dit la même chose que Moïse, Jésus, et tous les autres prophètes : il n’y a qu’Un Dieu. C’était le message de l’Islam. L’Islam est la vraie religion. Plus les gens liront et deviendront intelligent, plus ils se familiariseront avec la logique et le raisonnement. Ils abandonneront les idoles, ou les rituels qui supportent le polythéisme, et ils reconnaîtront qu’il n’y a qu’Un Dieu. (…) L’Islam attaque spécialement les idolâtres ; il n’y a point d’autre dieu que Dieu, et Mahomet est son Prophète ; voilà le fondement de la religion musulmane ; c’était le point le plus essentiel : consacrer la grande vérité annoncée par Moïse et confirmée par Issa Jésus. (…) Il n’y a pas d’autre dieu que Dieu et Mahomet est son Prophète. (…) Je suis, moi, musulman unitaire et (que) je glorifie le Prophète. » (4) Voltaire, (1694-1778) : « Toutes ses lois qui, à la polygamie près, sont si austères, et sa doctrine qui est si simple, attirèrent bientôt à sa religion le respect et la confiance. Le dogme surtout de l’unité d’un Dieu, présenté sans mystère, et proportionné à intelligence humaine, rangea sous sa loi une foule de nations (…) (5) « Sa religion est sage, sévère, chaste, et humaine : sage, puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a point de mystères ; sévère, puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour ; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient » (6) Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) : « Jésus avait le coeur pur et ne pensait qu’au Dieu unique dans le secret de son âme ; quiconque le faisait Dieu lui-même offensait sa sainte volonté. Et il faut aussi tenir pour vérité ce que Mahomet accomplit ; c’est par la seule idée du Dieu Unique qu’il a soumis le monde » (7) Renaud K. Sources : (1) « Histoire de la Turquie », Victor Lecou et Pagnerre, 1855 ; Tome 1er, Livre 1er ; Partie 94, page 277 (2) « Histoire de la Turquie », Victor Lecou et Pagnerre, 1855, Tome 1er, Livre 1er, Partie 95, page 279 (3) « Guerres d’orient – Campagnes d’Egypte et de Syrie – 1798-1799, mémoire pour servir à l’histoire de Napoléon », dictée par lui-même à Saint-Hélène (4) Extraits de “Correspondance de Napoléon Ier » Tome V pièces 4287 et 3148 / Christian Cherfils “Bonaparte et l’Islam” – Pedone Ed., 1914, p. 81 – 127 (5) « Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, et sur les principaux faits de l’histoire depuis Charlemagne jusqu’à Louis XIII », 1756, Edition Chez Treuttel et Würtz, Tome 1er, Chap. VII : De l’Alcoran, et de la loi musulmane, page 103 – 104 (6) « Il faut prendre un parti, ou le principe d’action, Diatribe », 1772, Edition Ch. Lahure, « Œuvres Complètes de Voltaire », Tome 22, 1860 Mélanges, page 102 (7) « Divan occidental et oriental », 1819

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