J’ai décidé de passer la nuit dehors

Par Jo Briant

Jeudi 20 janvier 2005, , 147 visites

Aux citoyens isérois, aux organisations associatives, syndicales, politiques révoltés, indignés comme moi par le fait qu’environ 25 demandeurs d’asile passent la plupart de leurs nuits dans une voiture, sous un porche, dans un squat le plus souvent glacé, avec un état de santé physique et psychologique catastrophique.

Face au refus absolu des autorités ( Préfecture, DDASS...) d’héberger pour l’hiver ces demandeurs d’asile, sous l’argument qu’ils ont été déboutés de leur demande (c’est le cas de 95% d’entre eux...), face à une telle INHUMANITE

J’AI ( Jo Briant [1]) DECIDE DE PASSER LA NUIT DEHORS, DANS UN SAC DE COUCHAGE, SANS ABRI, DEVANT LA PREFECTURE, pour la nuit du lundi 24 au mardi 25 janvier, de 18H à 6H du matin.

Ma décision est prise, rien ni personne ne pourra m’en dissuader. Le Préfet et les medias sont avertis. Je n’en ai parlé à personne avant de prendre ma décision, car je sais bien qu’on m’aurait demandé de ne pas le faire ! Si j’ai pris une telle décision, c’est essentiellement pour la raison suivant : Parce que je ne peux plus supporter de voir chaque jour une telle souffrance chez tous ces jeunes demandeurs d’asile isolés qui prennent le tramway jusqu’à 1H du matin, pour être au chaud au moins une partie de la nuit, cherchant ensuite, en déambulant on ne sait où, un endroit "protégé" (un porche, un abri bus, un parking souterrain, dans le meilleur des cas une voiture prêtée par une connaissance..). Je sais : c’est un acte individuel, dérisoire....Mais nous avons interpellé collectivement les autorités concernées par lettre, pétitions, Conférence de presse...Elles ne veulent rien entendre, réservant des hébergements hivernaux aux seuls demandeurs d’asile en attente d’une réponse, non déboutés. Des critères hyper sélectifs, discriminatoires, INHUMAINS. Certes, j’aurais pu attendre, puisque nous avons décidé en principe une action le vendredi 28 janvier. Mais ce n’est pas incompatible. Excusez-moi, j’ai craqué face à tant de souffrance....

Vous pouvez lire en pièce jointe la lettre que je viens d’envoyer au Préfet. Je vous donne RENDEZ-VOUS, si vous avez un moment disponible, Lundi 24 janvier à partir de 18H : je serai devant la Préfecture, dans mon sac de couchage, jusqu’à 6H du matin. A moins qu’on m’en empêche, qu’on m’emmène de force je ne sais où. Ce que je dénoncerai solennellement...

Centre d’Information Inter-Peuples

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