Demain, à qui le tour ?

Par Tahar Ziti, membre de Cultures & Dialogue

Dimanche 15 janvier 2006, , 104 visites

On assiste depuis quelques temps à une véritable criminalisation des exclus (sans papiers, chômeurs, rmi-stes…). Le cas du traitement médiatique du chômeur aujourd’hui est assez parlant. On est passé du stade de victime du libéralisme au stade de paria de la société. Le chômeur devenant le profiteur public n°1. C’est tellement plus simple, on s’attaque aux chômeurs au lieu de s’attaquer au chômage ! On instaure l’état d’urgence alors qu’il y a urgence sociale ! Ces multiples atteintes aux libertés individuelles bénéficient le plus souvent d’une pseudo approbation générale qui trouve sans doute ses raisons dans l’instrumentalisation de la peur du lendemain et aussi de la peur des uns et la haine des autres. On stigmatise des populations, on ethnicise les problèmes sociaux, c’est donc évident après cela, que l’on puisse justifier les émeutes urbaines par la polygamie !

Loi sur la sécurité quotidienne (15/11/2001), loi sur la sécurité intérieure (18/03/2003), loi dite « Perben 2 » (09/03/2004), rapport Bénisti, abaissement de l’âge pénal à 13 ans, état d’urgence, couvre feu, biométrie… Le tout sécuritaire semble bel et bien installé dans notre société. Sous couvert de défendre le droit à la sécurité des citoyens, fait indéniable, mais surtout parce que incapables de remédier à la crise économique, sociale et crise de sens (fléaux capitalistes) qui laminent notre pays, nos dirigeants s’attaquent aux libertés individuelles, bafouent les droits de l’homme qui sont des fondamentaux de notre démocratie.

On assiste depuis quelques temps à une véritable criminalisation des exclus (sans papiers, chômeurs, rmi-stes…). Le cas du traitement médiatique du chômeur aujourd’hui est assez parlant. On est passé du stade de victime du libéralisme au stade de paria de la société. Le chômeur devenant le profiteur public n°1. C’est tellement plus simple, on s’attaque aux chômeurs au lieu de s’attaquer au chômage ! On instaure l’état d’urgence alors qu’il y a urgence sociale ! Ces multiples atteintes aux libertés individuelles bénéficient le plus souvent d’une pseudo approbation générale qui trouve sans doute ses raisons dans l’instrumentalisation de la peur du lendemain et aussi de la peur des uns et la haine des autres. On stigmatise des populations, on ethnicise les problèmes sociaux, c’est donc évident après cela, que l’on puisse justifier les émeutes urbaines par la polygamie ! Même l’école n’échappe pas au tout sécuritaire avec l’installation de la vidéo surveillance, l’arrivée prochaine de la police dans les établissements ; on parle même de contrôles électroniques.

On diminue le budget de l’éducation nationale, ce qui entraîne des suppressions de postes d’enseignants, alors que de l’autre coté on augmente les effectifs de la police. Un système de vases communicants somme toute assez clair.

Le projet de loi de la prévention de la délinquance de N. Sarkosy doit faire réagir tous ceux qui aspirent à la défense des libertés de chacun. Le temps de la délation est revenu ! L’institution scolaire devra signaler tout écart de conduite d’un élève aux pouvoirs publics et ficher tous les signes de délinquances juvéniles. Les éducateurs de rue, les médiateurs sociaux (assistante sociale…) devront signaler à la mairie le nom des familles en difficultés. Les maires pourront imposer des stages parentaux payants, imposer une tutelle sur les prestations sociales (allocations familiales…). Les colocataires seront inviter à signaler aux forces de l’ordre tout regroupement etc…

En y regardant de plus près, on s’aperçoit en fin de compte que le tout sécuritaire n’est ni plus ni moins qu’une arme au service du tout libéral.

Deux choix s’offrent à nous : être utile ou être inutile à l’avancée du libéralisme. Pour toujours plus de libéralisme, avec toujours plus de démantèlement social, on met à l’écart en les criminalisant tous ceux que ce même libéralisme a dépouillé et exclus.

Demain, à qui le tour ?